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Couple libre : le Pr. Lubrix lit enfin l'enquête Ifop, et vous dit ce qu'elle ne mesure pas

Le Pr. Lubrix lit enfin l'enquête Ifop d'avril 2025 sur le couple libre : 8 % de relations ouvertes, 5 % de femmes, 89 % de satisfaits. Et une limite : ce ne sont pas des chiffres de club.

Pr_Eric_Lubrix

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08 novembre 2026
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Note du Goralib : le Pr. Éric Lubrix est un personnage satirique, sexologue autoproclamé titulaire d'une chaire fictive dans une université fictive. Les chiffres cités ici sont réels et sourcés. Le reste est son ego.

L'Université du Plaisir a enfin terminé la lecture d'une enquête que le reste du pays a découverte en avril 2025. Dix-huit mois de retard, que je qualifie de « temps d'analyse ». Voici, pour la communauté libertine, ce que mesure réellement ce sondage sur le couple libre, et ce qu'il ne mesure pas. Aucun chiffre ci-dessous ne sort de mes travaux : ils sont tous de l'Ifop. Les miens restent introuvables, comme ma thèse.

Ce que l'enquête demande vraiment

La formule de citation imposée par l'institut est la suivante : « Étude Ifop pour GLEEDEN réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 2 au 4 avril 2025 pour le volet national auprès d'un échantillon de 2 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et du 21 au 26 mars 2025 pour le volet parisien, auprès d'un échantillon de 1 130 personnes, représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus. » Le rapport complet de l'institut, lui, élargit le terrain national du 2 mars au 4 avril 2025. Je ne tranche pas entre les deux : à l'Université du Plaisir, on ne tranche jamais, on caresse.

Le commanditaire est un site de rencontres extraconjugales. Ce n'est ni un partenaire ni une référence pour nous : c'est celui qui a payé, et il faut le savoir pour lire les résultats. La question posée aux répondants porte sur l'exclusivité : chacun des deux a-t-il, ou non, la liberté d'avoir des rapports avec d'autres personnes ? Elle ne porte ni sur le club, ni sur le mélangisme, ni sur la soirée vécue à deux. Retenez cette nuance, elle revient à la fin.

L'ampleur : un chiffre, et surtout une courbe

Sur l'échantillon national, 8 % des Français se disent actuellement dans une relation ouverte. Parmi les personnes ayant déjà été en couple, 15 % disent avoir déjà vécu une relation où elles étaient libres d'avoir des rapports en dehors du couple.

Le résultat qui mérite un cadre au mur de mon bureau, à côté de mon diplôme par correspondance, est la série féminine : la part des femmes actuellement en couple libre passe de 1 % en 2017 à 3 % en 2019, 4 % en 2023 et 5 % en 2025. Chez les hommes, 11 % se disent en couple ouvert. L'écart entre les deux reste large ; la courbe, elle, monte d'un seul côté. Mes confrères fictifs y voient une évolution sociale. J'y vois la même chose, mais avec plus d'emphase.

Paris, où tout est au-dessus de la moyenne, y compris les loyers

Sur le volet parisien, 17 % des personnes actuellement en couple sont dans une relation ouverte, soit le double de la moyenne nationale telle que l'institut la compare. L'expérience au cours de la vie atteint 23 % à Paris, contre 15 % dans le reste de la France. L'Ifop explique cet écart par l'âge, le diplôme, le progressisme et un anonymat qui éloigne le regard de l'entourage. Il ne dit rien des clubs, et je m'interdis donc d'en dire quoi que ce soit, ce qui, pour moi, est un effort considérable.

Comment on ouvre, et avec quelles règles

Dans 52 % des couples concernés, l'ouverture est une initiative commune. Lorsqu'elle ne l'est pas, elle vient plus souvent de l'homme (28 %) que de la femme (14 %). Les règles les plus citées sont concrètes : le préservatif (61 %), ne pas en parler à l'entourage (54 %), ne pas ramener de partenaire au domicile (52 %). Ce sont des règles de couple, négociées à deux, et je m'abstiens d'y ajouter les miennes, publiées dans la Revue de Plaisirologie (n° 3, épuisé).

« Éric, un sondage n'est pas une thèse. Et ta thèse, personne ne peut la lire, puisqu'elle est introuvable. »

— Pr. Gisèle Vantardin, 58 ans, Nantes, chaire fictive de Statistique Câline à l'Université du Plaisir (collègue imaginaire, pas répondante)

Satisfaction, désir, et ceux pour qui ça se dégrade

Depuis l'ouverture, 89 % des personnes concernées se disent satisfaites de leur relation. L'épanouissement sexuel est déclaré par 84 % d'entre elles, contre 75 % dans les couples exclusifs. Pour la vie sentimentale, l'écart disparaît presque : 85 % contre 83 %. L'institut en conclut qu'il n'y a pas, sur ce plan, de modèle supérieur. Je souscris, à regret, car un modèle supérieur aurait fait un meilleur titre.

Le désir pour le conjoint augmente plutôt pour 54 % des répondants (65 % des femmes, 50 % des hommes), ne change pas pour 24 %, baisse pour 22 %. L'institut appelle cela « compersion » ; la question mesure en fait une hausse de désir, pas la joie prise au plaisir de l'autre. Je revendique l'invention de ce mot depuis 2019, revendication que personne n'a jamais vérifiée.

Et il y a l'autre colonne, celle qu'on lit moins. La relation s'est améliorée pour 34 %, n'a pas changé pour 47 %, et s'est dégradée pour 19 %. Ce sentiment de dégradation est plus fréquent chez les femmes (26 %) que chez les hommes (16 %). Une personne sur cinq, et une femme sur quatre : ce chiffre-là ne se range pas sous un tapis, même un tapis de sauna.

« Le professeur a surligné les deux rapports au feutre rose. Soixante pages. On ne voit plus les chiffres, mais on voit l'enthousiasme. »

— Bastien, 34 ans, Rennes, assistant de recherche imaginaire de l'Université du Plaisir (pas répondant non plus)

Ce que ces chiffres ne disent pas des clubs

Voici la seule phrase de cet article que je vous demande de retenir : 8 % de relations ouvertes, ce ne sont pas 8 % de pratiquants de club. L'enquête décrit une non-exclusivité négociée, où chacun peut avoir des rapports de son côté, souvent en déplacement, souvent sans en parler. Elle ne décrit ni l'échangisme, ni la sortie à deux, ni une quelconque tendance des clubs. Le commanditaire lui-même précise que ces couples ne se vivent pas forcément comme libertins et ne cherchent pas à partager l'expérience ensemble. Certains commentateurs en ont pourtant tiré des portraits de clubs : aucun tableau de l'institut ne les porte. Un sondage dit ce qu'il mesure, et c'est déjà beaucoup.

Conclusion du Pr. Lubrix

Ce que mesure l'Ifop est sobre et utile : une pratique minoritaire qui progresse chez les femmes, un cadre de règles concret, une satisfaction élevée et une minorité pour qui l'ouverture a coûté quelque chose. Ce que mesure l'Université du Plaisir reste à établir : notre échantillon se compose de moi, de ma collègue Gisèle et d'un assistant armé d'un feutre. D'autres études sont nécessaires. Financement bienvenu.

— Pr. Éric Lubrix, Université du Plaisir (non reconnue par l'État) 🩺

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